Claude Design sert surtout à générer des prototypes codés, pas de jolies images figées. Le vrai levier, c’est votre design system. Je vous montre quoi préparer, comment lancer un premier projet et comment éviter les sorties trop génériques.
C’est quoi Claude Design ?
Claude Design est une preview de recherche d’Anthropic qui transforme une demande de design en code exécutable dans le navigateur, plutôt qu’en image statique. C’est ça le point important. On ne parle pas juste d’une jolie maquette générée par IA, mais d’un prototype qui peut tourner, réagir, afficher des écrans, gérer une navigation simple et donner une première sensation produit.
L’outil s’appuie sur les capacités de vision de Claude Opus 4.7. En clair, Claude peut comprendre un brief, interpréter une intention visuelle, analyser des références et produire une interface utilisable directement dans le navigateur. Selon ce qu’on lui demande, il peut générer des prototypes interactifs, des interfaces avec navigation fonctionnelle, des éléments multimodaux, c’est-à-dire qui mélangent texte, image, interaction ou autres formats, et même des composants 3D quand le brief s’y prête.
Je le vois surtout comme un partenaire de conception rapide. Quand on veut sortir vite du débat abstrait, c’est très utile. Au lieu de discuter pendant une heure d’une idée d’écran, on peut la voir, cliquer dedans, sentir si le parcours tient debout ou pas. Ça change la discussion avec une équipe produit, un client ou un développeur. On parle moins dans le vide.
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Par contre, je ne le mets pas dans la même case qu’un outil comme Figma. Si vous cherchez une précision vectorielle très fine, du pixel perfect, une gestion complète de fichiers de design, des composants bien organisés et une vraie logique de design system, Figma reste beaucoup plus adapté. Claude Design est intéressant ailleurs. Il sert à matérialiser vite une intention, tester une idée, préparer une démo ou créer une base de discussion.
Observation honnête aussi. Si on lui demande juste “fais-moi une belle interface moderne”, on obtient souvent quelque chose de propre, mais assez interchangeable. Le résultat devient vraiment bon quand le brief est concret, avec un contexte, des contraintes, un usage précis et une vraie intention produit.
| À retenir | Claude Design génère du code exploitable dans un navigateur, pas seulement une maquette visuelle. |
| Bon usage | Prototyper, tester une intention, matérialiser une idée produit. |
| Limite | Ce n’est pas l’outil principal pour du design vectoriel ultra précis. |
Comment démarrer un projet ?
Pour démarrer un projet dans Claude Design, je choisis un point d’entrée adapté à mon objectif, puis je décris le résultat attendu avec assez de contexte pour éviter une réponse générique. C’est vraiment là que je gagne du temps. Pas en demandant “un truc moderne”, mais en cadrant ce que je veux obtenir.
Claude Design propose quatre départs possibles. Je les vois comme quatre portes d’entrée, pas comme des options compliquées.
| Prototype | Je l’utilise quand je veux une interface interactive. Par exemple un onboarding SaaS, un dashboard, une app interne, un tunnel de réservation. |
| Slide deck | Je le prends quand je dois produire une présentation. Pitch deck, support commercial, synthèse projet, formation courte. |
| From Template | Je pars de là quand une structure existe déjà et que je veux l’adapter. C’est pratique pour éviter de repartir de zéro. |
| Other | Je l’utilise quand mon besoin ne rentre pas proprement dans les cases. C’est plus libre, mais il faut être encore plus précis dans la demande. |
L’interface de travail est assez simple. D’un côté, j’ai un panneau de chat pour discuter avec Claude. De l’autre, j’ai une zone de travail en direct où je vois le rendu prendre forme. Claude peut aussi poser des questions avant de générer. Franchement, c’est bon signe. Ça évite de produire une interface molle, jolie en surface, mais inutilisable parce que le besoin était trop flou. J’ai vu ça chez un client sur un prototype CRM interne. Deux questions de clarification ont évité trois heures de reprise derrière.
La différence se joue souvent dans le niveau de précision. Voilà le genre d’écart que je garde en tête.
- Prompt faible : Crée une landing page moderne.
- Prompt utile : Crée un prototype interactif pour une page d’accueil B2B avec un hero, une preuve sociale, trois bénéfices, un formulaire de démo et une navigation fonctionnelle.
- Prompt faible : Fais une app d’onboarding.
- Prompt utile : Crée un prototype d’onboarding SaaS avec 3 écrans, une navigation fonctionnelle, un formulaire simple, un état de progression et un ton visuel cohérent avec une marque B2B sobre.
- Prompt faible : Prépare une présentation commerciale.
- Prompt utile : Crée un slide deck de 8 slides pour présenter une solution d’automatisation à des directeurs opérationnels, avec problème, solution, cas d’usage, bénéfices, démonstration, ROI et appel à l’action.
Dans mes prompts, je précise toujours l’objectif, le type d’utilisateur, les écrans attendus, les interactions et les contraintes de marque. Le prompt compte, oui. Mais le vrai différenciateur reste le design system préparé avant la génération. Couleurs, composants, ton visuel, règles simples. Sans ça, Claude peut produire quelque chose de propre, mais rarement quelque chose de vraiment aligné.
Pourquoi le design system change tout ?
Le design system change tout parce qu’il donne à Claude Design une base de marque concrète, au lieu de le laisser inventer une interface générique. Sans ça, l’outil fait ce qu’il peut. Il produit souvent quelque chose de propre, mais assez neutre, un peu interchangeable.
Le design system, c’est le socle. On parle des couleurs, des polices, des logos, des captures d’écran, des composants déjà utilisés, des exemples d’interfaces existantes. Ce n’est pas de la décoration. C’est ce qui permet à Claude Design de comprendre vos codes visuels, vos hiérarchies, vos espacements, et même le niveau de sérieux attendu. Une banque, une marque food et un SaaS B2B n’ont pas le même langage visuel, même si les trois ont des boutons bleus et des formulaires.
Ma méthode est simple. Je rassemble les éléments de marque, je les fournis à Claude Design, je lui demande de générer un UI kit de départ, puis je relis. Un UI kit, c’est une petite bibliothèque d’interface avec les boutons, champs, cartes, titres, couleurs et styles de base. Je n’accepte jamais ce premier brouillon sans vérification. C’est souvent là que les erreurs se glissent. Une couleur mal interprétée. Un bouton trop éloigné de l’existant. Une typo approximative. Un logo utilisé trop petit, trop grand, ou au mauvais endroit.
Avec des clients, je vois souvent le même problème. Ils veulent gagner du temps donc ils sautent la préparation, puis ils passent deux fois plus de temps à corriger des écrans sans personnalité. Le design system n’est pas une formalité, c’est le raccourci.
Avant de travailler dans Claude Design, je prépare au minimum ces éléments :
- Couleurs : Principales, secondaires, fonds, alertes, textes.
- Typographies : Titres, corps de texte, tailles, graisses.
- Logos : Versions claires, foncées, contraintes d’usage.
- Captures d’écran : Pages existantes, formulaires, tableaux, menus.
- Composants : Boutons, cartes, champs, badges, headers, footers.
| Sans design system | Avec design system |
| Claude Design improvise une direction visuelle. | Claude Design part d’une base claire et cohérente. |
| Les écrans peuvent sembler propres mais génériques. | Les écrans ressemblent plus vite à votre marque. |
| Les corrections portent sur des détails partout. | Les ajustements sont plus ciblés et plus rapides. |
| Le rendu dépend beaucoup du prompt. | Le rendu dépend aussi de références concrètes. |
Comment tester si le rendu tient ?
Je teste le rendu en demandant à Claude Design de produire plusieurs cas d’interface différents avec le même design system, puis je vérifie si l’ensemble reste cohérent.
Un bon design system ne doit pas seulement marcher sur une belle page vitrine. C’est le piège classique. On obtient un écran propre, bien éclairé, avec trois blocs parfaits, puis dès qu’on passe sur un formulaire ou un tableau de données, tout s’écroule.
Je le teste sur des cas variés : un formulaire, un tableau de données, un écran hero, une navigation, une carte produit, un écran vide, un message d’erreur. Si tout se ressemble sans devenir monotone, et si la logique de marque reste claire, la base tient.
J’utilise des prompts tests assez directs, comme ceux-là :
- Crée un formulaire de demande de démo en réutilisant strictement le design system fourni : couleurs, typographies, boutons, champs, espacements et états d’erreur.
- Crée un tableau de données avec filtres, recherche, pagination et actions par ligne, sans inventer de nouveaux styles hors du design system.
- Crée un hero de page d’accueil avec titre, sous-titre, preuve sociale et appel à l’action, en respectant le ton visuel défini.
- Crée une page de paramètres avec navigation latérale, sections, formulaires et états sauvegardés, toujours avec les mêmes règles UI.
Après, je relis vraiment. Je regarde les couleurs, la lisibilité, les espacements, les états interactifs, la navigation et l’impression générale. Je ne m’arrête pas au premier effet waouh. J’ai vu des prototypes super beaux en capture, puis inutilisables dès qu’on ajoutait de vrais contenus ou qu’on cliquait dans les menus.
| Test | Ce que je vérifie |
| Formulaire | Lisibilité, champs, boutons, messages d’erreur. |
| Tableau de données | Hiérarchie, densité, filtres, actions. |
| Hero | Impact, ton de marque, appel à l’action. |
| Navigation | Clarté, cohérence, comportement interactif. |
Une fois validé, le design system doit devenir une référence de travail. Pas un fichier oublié dans un coin. Il sert à produire des prototypes plus cohérents, à aligner les équipes, et surtout à éviter que chaque nouvelle génération reparte dans une direction différente.
Alors on commence par le prompt ou par le système ?
Claude Design devient vraiment utile quand on l’utilise pour ce qu’il fait bien : transformer une intention en prototype codé, testable, manipulable. Le prompt aide, bien sûr, mais il ne sauve pas un contexte flou. Le design system fait la différence. Couleurs, typos, logos, captures, composants, tout ça donne à l’outil une direction claire. Ensuite, je teste sur plusieurs écrans pour voir si la cohérence tient. C’est là qu’on gagne du temps. Pas en demandant juste une interface moderne, mais en construisant une base réutilisable qui améliore vos prototypes et vos décisions produit.
FAQ
- Claude Design sert à créer des images ou des prototypes ?
Claude Design sert surtout à générer du code exécutable pour créer des prototypes interactifs. Ce n’est pas juste un générateur d’images statiques. L’intérêt, c’est de pouvoir tester une navigation, des composants et une logique d’interface directement dans un navigateur. - Claude Design peut remplacer Figma ?
Pas vraiment. Claude Design est utile pour prototyper vite et matérialiser une idée en code. Figma reste plus adapté pour le design vectoriel précis, les maquettes pixel perfect et le travail détaillé sur les fichiers de design. - Pourquoi mon résultat Claude Design semble trop générique ?
Le plus souvent, c’est parce que le contexte est trop faible. Un prompt vague produit une interface vague. Il faut donner l’objectif, les écrans attendus, les interactions, mais surtout un design system avec couleurs, typos, logos, captures et composants existants. - Que faut-il préparer avant d’utiliser Claude Design ?
Je prépare les éléments de marque : couleurs, polices, logos, captures d’écran, exemples de pages existantes et composants récurrents. Cette base aide Claude Design à produire quelque chose de cohérent avec votre identité, pas une interface standard qui pourrait appartenir à n’importe qui. - Comment savoir si mon design system fonctionne bien ?
Je le teste sur plusieurs cas : formulaire, tableau de données, hero, navigation, page de paramètres. Si les écrans restent lisibles, cohérents et reconnaissables sans tout réexpliquer à chaque fois, le design system commence à tenir.
A propos de l’auteur
Je suis Franck Scandolera, expert et formateur en tracking avancé server-side, Analytics Engineering, automatisation No/Low Code avec n8n, intégration de l’IA en entreprise et SEO/GEO. J’accompagne des équipes qui veulent rendre leurs outils plus fiables, plus utiles et plus actionnables, avec des références comme Logis Hôtel, Yelloh Village, BazarChic, la Fédération Française de Football ou Texdecor. Je dirige l’agence webAnalyste et l’organisme Formations Analytics. Si vous voulez cadrer vos usages IA, automatiser vos process ou fiabiliser vos données, contactez-moi.
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