Les formules SEO Excel qui font gagner du temps sont celles qui croisent, importent, nettoient, assemblent et totalisent vos données. Je parle ici de VLOOKUP, IMPORTRANGE, SPLIT, CONCATENATE et SUMIF, avec des usages concrets sur Search Console, les URL et les analyses de liens.
Quelles données croiser en premier ?
Quand je récupère un export Search Console, je ne le regarde jamais seul. Brut, il donne des clics, des impressions, un CTR, une position moyenne. C’est utile, oui. Mais ça devient vraiment exploitable seulement quand je peux rapprocher chaque requête ou chaque URL d’une autre information métier : une catégorie, un type de page, un statut d’indexation, un maillage interne, un volume de recherche, un objectif business.
Le vrai gain ne vient pas de la formule Excel. Il vient du fichier bien préparé. La formule sert juste à faire le lien proprement, sans copier-coller, sans tri foireux, sans ligne décalée. J’ai déjà vu des décisions SEO prises sur un fichier où les URLs avaient été triées d’un côté, mais pas les clics de l’autre. Ça paraît bête, mais ça arrive souvent quand on travaille vite.
Les croisements à faire en premier sont simples. Il faut relier une clé, comme une URL, une requête, une catégorie ou un domaine, à une métrique utile. Une clé, c’est la colonne qui permet de faire matcher deux tables. Par exemple, une URL présente dans Search Console et la même URL présente dans votre crawl Screaming Frog ou dans votre liste de contenus.
Dans les cas les plus fréquents, je croise ces données-là :
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- Search Console avec une liste d’URL : Je vois quelles pages ont des impressions mais peu de clics, ou quelles pages importantes ne captent rien.
- Search Console avec des catégories de blog : Je repère les thématiques qui performent vraiment, pas juste les articles isolés qui font joli dans un rapport.
- Un export de liens avec les pages SEO : Je comprends quelles URLs reçoivent des backlinks et si ces liens poussent les bonnes pages.
- Un crawl avec les données de trafic : Je trouve les pages actives, les pages mortes, les contenus indexables mais inutiles, et parfois les vrais quick wins.
Les formules comme RECHERCHEV, XLOOKUP ou INDEX EQUIV servent surtout à sécuriser ce rapprochement. Elles évitent les manipulations manuelles, les erreurs de tri, les doublons oubliés et les analyses faites sur un export incomplet. C’est moins sexy qu’un dashboard IA, mais franchement, c’est souvent là que le SEO gagne du temps.
Pour garder un fichier SEO propre, je garde au minimum ces colonnes :
- URL
- Requête
- Catégorie ou type de page
- Clics
- Impressions
- CTR
- Position moyenne
- Trafic ou sessions
- Statut de page
- Date d’export
Comment retrouver une donnée automatiquement ?
J’utilise VLOOKUP quand j’ai une clé commune entre deux feuilles, typiquement une URL ou une requête SEO. C’est le cas classique avec un export Google Search Console : j’ai une feuille avec mes URLs à analyser, et une autre feuille avec les clics, impressions, CTR, position moyenne, etc.
=VLOOKUP(A2,Sheet2!A:F,2,FALSE)Dans cet exemple, Excel prend la valeur en A2, par exemple une URL, puis va la chercher dans la première colonne de la plage Sheet2!A:F. Si l’URL existe, il me renvoie la valeur située dans la 2e colonne de cette plage. Ça peut être les clics si ma colonne B contient les clics Search Console.
| Paramètre | Rôle | Exemple SEO |
| A2 | Valeur à chercher | Une URL ou une requête dans ma feuille de travail |
| Sheet2!A:F | Table source dans laquelle Excel cherche | Un export Google Search Console avec URL, clics, impressions, CTR |
| 2 | Numéro de la colonne à récupérer dans la plage | La colonne des clics si elle est en 2e position |
| FALSE | Correspondance exacte | Excel doit retrouver exactement la même URL |
Le point important, c’est le FALSE à la fin. En SEO, je l’utilise presque toujours, surtout avec des URLs. Une URL, c’est précis. Si Excel me rapproche une URL “presque identique”, ça peut vite me raconter n’importe quoi. Une slash en trop, un paramètre UTM, une version HTTP au lieu de HTTPS, et on n’est déjà plus sur la même donnée.
Si je veux récupérer les impressions au lieu des clics, je change simplement le 2 par le numéro de la colonne correspondante. Si les impressions sont en colonne C dans Sheet2!A:F, je mets 3. Si le CTR, le taux de clic, est en colonne D, je mets 4.
TRUE existe aussi. Il fait une correspondance approximative. Je m’en méfie beaucoup en SEO, parce qu’il demande des données propres, cohérentes, parfois triées selon le cas d’usage. Sur des URLs ou des requêtes, c’est rarement ce que je veux. Je l’ai déjà vu créer des analyses complètement fausses chez un client, juste parce que la formule “trouvait quelque chose” au lieu de trouver la bonne ligne.
Si Excel renvoie #N/A, pas de panique. Ça veut simplement dire que la clé cherchée n’existe pas dans la table source. Soit l’URL n’est pas dans l’export Search Console, soit elle est écrite différemment. Dans ce cas, je vérifie les variantes, les espaces invisibles, le protocole, les slashs de fin et les paramètres d’URL avant de conclure quoi que ce soit.
Comment centraliser plusieurs fichiers ?
Quand je dois centraliser plusieurs exports SEO, je pars souvent sur IMPORTRANGE dans Google Sheets. C’est simple, ça évite de copier-coller des blocs entiers toutes les semaines, et surtout ça garde un fichier maître propre.
La formule sert à importer une cellule ou une plage depuis un autre fichier Google Sheets. Par exemple, si je veux récupérer la cellule B64 d’un onglet précis dans un autre fichier, j’écris :
=IMPORTRANGE("https://PageURL"; "TableTabNameForImport!B64")La première partie, c’est l’URL du fichier source. La deuxième partie, c’est l’onglet et la cellule ou la plage à importer. Si je veux importer plusieurs lignes, je peux élargir la plage, par exemple TableTabNameForImport!B64:H200.
Dans un cas très concret, je peux avoir un fichier avec les positions SEO, un autre avec les données Search Console, et un troisième avec le suivi des contenus publiés. Je crée un fichier maître, puis je ramène les colonnes utiles avec IMPORTRANGE. Derrière, je peux construire un tableau croisé dynamique pour voir les pages qui gagnent des impressions, celles qui perdent des positions, ou les contenus qui génèrent vraiment du trafic.
Au premier lien entre deux fichiers, Google Sheets peut afficher un bouton pour autoriser l’accès. C’est normal. Il faut valider une fois, puis la connexion reste active tant que les droits ne changent pas.
| Avant | Avec IMPORTRANGE |
| Je copie-colle les exports à la main | Les données remontent automatiquement |
| Je risque d’oublier une version | Le reporting reste plus frais |
| Je perds du temps à consolider | Je passe plus vite à l’analyse |
Petite observation de terrain, quand un client a trois fichiers de suivi SEO différents, le problème n’est pas toujours l’analyse. C’est souvent la dispersion des sources. Une fois les données réunies au même endroit, les décisions deviennent beaucoup plus simples à prendre.
Comment nettoyer une liste d’URL ?
Quand je récupère un export depuis Ahrefs, Semrush, Screaming Frog ou un autre outil d’analyse de liens, j’ai souvent le même problème : les URL sont propres pour la machine, mais pas pour mon cerveau. Il faut isoler le domaine, repérer un répertoire, préparer une liste à retraiter, ou transformer ça en fichier Disavow. C’est là que SPLIT et CONCATENATE font gagner un temps bête.
SPLIT sert à découper une chaîne de texte selon un séparateur. Dans une URL, le slash est parfait pour ça, parce qu’il sépare le protocole, le domaine, les dossiers et parfois le slug de page.
=SPLIT(A2,"/")Si A2 contient une URL brute, la formule va créer plusieurs colonnes. C’est très pratique pour extraire le domaine ou un segment précis d’URL depuis une grosse liste exportée d’un outil d’analyse de liens.
URL brute en A2 :
https://www.exemple.com/blog/article-seo
Résultat après SPLIT avec "/" :
https: | | www.exemple.com | blog | article-seoDans cet exemple, le domaine se retrouve dans la colonne C. À partir de là, je peux nettoyer, filtrer, dédupliquer, ou préparer un fichier de désaveu. Et là, CONCATENATE prend le relais.
=CONCATENATE("domain:",C2)Cette formule ajoute le préfixe domain: avant le domaine présent en C2. C’est exactement le format attendu quand on prépare une ligne de fichier Disavow pour demander à Google d’ignorer tous les liens venant d’un domaine.
Domaine en C2 :
www.exemple.com
Résultat après CONCATENATE :
domain:www.exemple.comLe point à ne pas rater, c’est l’ordre des éléments. Dans CONCATENATE, ce que je mets en premier arrive en premier. Si j’écris =CONCATENATE(« domain: »,C2), j’ajoute un préfixe. Si j’écris =CONCATENATE(C2, »domain: »), j’ajoute un suffixe, et là le fichier Disavow devient inutilisable. Ça paraît évident, mais je l’ai déjà vu chez un client avec 12 000 lignes à reprendre.
| Problème SEO | Formule utile | Résultat attendu |
| Découper une URL exportée depuis un outil de backlinks | =SPLIT(A2, »/ ») | Protocole, domaine et segments séparés en colonnes |
| Extraire le domaine pour analyse ou nettoyage | =SPLIT(A2, »/ ») puis récupération de la colonne domaine | www.exemple.com |
| Préparer une ligne pour un fichier Disavow | =CONCATENATE(« domain: »,C2) | domain:www.exemple.com |
Comment prioriser les actions SEO ?
Quand je récupère un export SEO, le premier piège c’est de regarder ligne par ligne. Ça donne une impression de contrôle, mais en vrai on se noie vite. Pour prioriser, j’ai besoin de regrouper. De voir où le trafic se concentre vraiment.
La formule utile ici, c’est SUMIF. Elle additionne des valeurs uniquement quand un critère est respecté. Par exemple :
=SUMIF(A2:A17, "PPC", C2:C17)Dans cette formule, A2:A17 est la première plage. C’est là où se trouvent les critères. Le critère peut être une catégorie, un type de page, un segment éditorial, une intention de recherche, ou même une priorité interne. Ici, le critère recherché est « PPC ».
La deuxième plage, C2:C17, contient les valeurs à additionner. En SEO, ça peut être les clics, les impressions, les conversions, ou le chiffre d’affaires si vous avez une donnée business propre. Le plus courant, c’est les clics, parce que ça permet vite de comprendre quelles familles de contenus ramènent déjà du trafic.
Un exemple simple. Vous exportez vos pages de blog depuis Google Search Console. Vous ajoutez une colonne “catégorie” avec des valeurs comme “SEO technique”, “Content marketing”, “PPC”, “IA”, “Analytics”. Ensuite, vous utilisez SUMIF pour additionner les clics de chaque catégorie.
| Catégorie | Clics additionnés | Lecture SEO |
| SEO technique | 4 200 | Zone forte à maintenir et optimiser |
| PPC | 1 100 | Potentiel à vérifier selon les positions |
| IA | 6 800 | Priorité probable si les contenus convertissent |
Ce n’est pas une formule magique. Elle ne dit pas à elle seule quoi faire. Mais elle transforme un export brut en décision lisible. Et ça, honnêtement, c’est déjà énorme. J’ai vu des équipes passer des heures à débattre sur “ce qu’il faudrait optimiser”, alors qu’un simple regroupement montrait que 70 % des clics venaient de deux catégories seulement.
À partir de là, vous pouvez décider plus proprement. Vous optimisez d’abord les catégories qui rapportent déjà du trafic, ou celles qui ont un bon potentiel mais restent sous-exploitées. Le but, c’est d’arrêter de traiter toutes les pages comme si elles avaient le même poids.
- Définir les catégories de pages ou de contenus.
- Sommer les clics avec SUMIF pour chaque catégorie.
- Comparer les volumes obtenus avec les positions et les objectifs business.
- Prioriser les optimisations là où l’impact semble le plus lisible.
Et si vos fichiers SEO travaillaient enfin pour vous ?
Je garde ces cinq formules parce qu’elles règlent des problèmes très concrets : retrouver une donnée, importer une source, découper une URL, reconstruire une valeur propre, additionner selon un critère. VLOOKUP, IMPORTRANGE, SPLIT, CONCATENATE et SUMIF ne remplacent pas l’analyse SEO, mais elles évitent de perdre du temps sur de la manipulation bête. Et souvent, c’est là que les erreurs arrivent. Mon conseil est simple : partez d’un vrai cas, un export Search Console ou une liste d’URL, puis automatisez une tâche répétitive. Le bénéfice pour vous : des fichiers plus fiables et des décisions SEO plus rapides.
FAQ
- Quelles sont les formules Excel les plus utiles en SEO ?
Les plus utiles dans ce contexte sont VLOOKUP, IMPORTRANGE, SPLIT, CONCATENATE et SUMIF. Elles couvrent les besoins classiques : croiser des données Search Console, importer des fichiers, découper des URL, préparer des domaines et additionner des performances par catégorie. - VLOOKUP sert à quoi pour un consultant SEO ?
VLOOKUP sert à retrouver une valeur dans une autre feuille à partir d’une clé commune. Par exemple, je peux prendre une URL dans une feuille et récupérer ses clics ou impressions depuis un export Google Search Console. C’est très pratique pour enrichir une liste sans copier-coller manuel. - Pourquoi VLOOKUP affiche une erreur N/A ?
L’erreur N/A apparaît quand la clé recherchée n’existe pas dans la plage cible. En SEO, ça arrive souvent avec des URL légèrement différentes, une barre oblique en plus, un protocole différent ou une donnée absente de l’export. Ce n’est pas forcément une erreur grave, c’est un signal à vérifier. - IMPORTRANGE fonctionne seulement dans Google Sheets ?
IMPORTRANGE est une fonction Google Sheets. Elle permet d’importer des données depuis un autre fichier Google Sheets. C’est utile pour centraliser plusieurs exports SEO dans un fichier maître, puis construire un suivi ou un tableau croisé dynamique plus propre. - Comment utiliser SPLIT et CONCATENATE pour un fichier Disavow ?
SPLIT peut découper une URL pour isoler le domaine ou un segment utile. CONCATENATE peut ensuite ajouter un préfixe comme domain: devant chaque domaine. Ça aide à préparer une liste propre, surtout quand on part d’un export brut d’outil de liens.
A propos de l’auteur
Je suis Franck Scandolera, responsable de l’agence webAnalyste et de l’organisme Formations Analytics. J’accompagne des entreprises sur le tracking avancé server-side, l’Analytics Engineering, l’automatisation No/Low Code avec n8n, l’intégration de l’IA, le SEO et le GEO. J’ai travaillé avec des équipes chez Logis Hôtel, Yelloh Village, BazarChic, la Fédération Française de Football ou Texdecor. Mon terrain, c’est simple : transformer des données dispersées en systèmes fiables et actionnables. Si vous voulez gagner du temps sur vos fichiers, vos reportings ou vos automatisations, contactez-moi.
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